Un, deux, trois - Partie 1
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PARTIE 1
Le problème, quand tu sors avec ton plan cul, c’est que l’issue de la soirée est déjà écrite. Vous allez finir ensemble, c’est tacite. C’est même pour ça que je l’ai invité à me rejoindre. Mais ce que je n’avais pas prévu, en revanche, c’est qu’il viendrait accompagné. Et encore moins que son pote me ferait littéralement craquer.
Mon plan cul, c’est Charly. Grand, bien foutu, une gueule de petit con qui me fait baver. Le genre de mec qui pourrait me faire tomber amoureuse en un battement de cils. Mais j’ai passé la trentaine et j’ai appris à gérer ce genre d’attirance. J’ai trop souvent plongé la tête la première pour des mecs comme lui : sexy, égocentrés, collectionneurs de conquêtes, totalement réfractaires à l’idée de s’engager. J’ai longtemps cru, naïvement, qu’avec moi ce serait différent. Qu’ils finiraient par m’aimer. À chaque fois, je me suis brisée contre le mur de la réalité. Ces hommes-là ne sont pas faits pour moi, et j’ai fini par m’en convaincre.
Mais ça ne m’empêche pas de me laisser séduire. Ni de coucher. Juste du sexe, pas d’amour, à peine une amitié teintée d’affection. Je suis blindée. Je ne veux pas aimer Charly.
Son pote, en revanche… C’est une autre histoire.
Théo. Pas très grand, trapu, un visage marqué par l’expérience, une quarantaine qui approche. Il me fait rire instantanément. Sur la piste, il me dévore du regard pendant que je danse. Il sourit, finit par attraper mes hanches. Derrière moi, Charly se trémousse contre une inconnue – il aime séduire, c’est son sport favori. Mais quand il se détache d’elle pour venir se coller à moi, je comprends : il ne veut pas que je lui échappe. Pas ce soir. Pas avec son pote.
Je me retrouve prise entre leurs deux corps brûlants. Théo devant, Charly derrière. Théo ne lâche pas mes yeux, ses mains ancrées sur mes hanches, son corps pressé contre le mien. La musique électro pulse et l’envie d’embrasser cet homme monte en moi comme une évidence. Mais derrière, il y a Charly. Son souffle chaud dans ma nuque, ses mains qui effleurent mon dos, et cette tension palpable entre nous. Son sexe dur contre mes fesses me rappelle que lui aussi est là.
À moi de choisir.
Ou bien… je les laisse décider ? Se battre ?
Je ne bouge pas. Je danse. J’attends de voir si l’un d’eux abandonne la partie. Mais aucun ne recule. Aucun ne semble prêt à céder sa place.
Et moi ? Moi, je n’ai aucune envie de choisir.